Gagnoa

Le parcours de la musique traditionnelle Alloukou retracé par son fondateur (Interview)

Albert Djédjé dit Koussi-Koussa, précurseur du rythme Alloukou

Photo : AIP

Gagnoa, 24 août – Albert Djédjé dit Koussi-Koussa, fondateur de la musique traditionnelle ‘Alloukou’ a retracé le parcours de ce rythme musical qu’il a créé en 1963, mercredi, lors d’un entretien avec la presse à Gagnoa.

« C’est lors des vacances scolaires 1963, que l’Alloukou a vu le jour dans mon village, Biakou », a révélé Albert Djédjé, en marge d’une rencontre-bilan de la première édition du festival Alloukou, musiques et danses traditionnelles de Côte d’Ivoire, organisé du 16 au 20 août, à Ouragahio (17 km de Gagnoa).

C’est suite à l’absence de l’électrophone ‘Tepazz’ qui constituait à cette époque, l’appareil de musique, et qui leur avait pourtant été promis pour animer la soirée dansante dénommée ‘Boom’, pour des admis au Certificat d’études primaires et Elimentaires (CEPE) et à l’entrée en sixième, que l’idée lui est venue, d’utiliser les objets de récupération, notamment, les tam-tams, vieilles casseroles, bouteilles. « Tout ce qui pouvait produire du son », a-t-il dit.

Conduit par Djédjé Koussi-Koussa, le groupe a pu faire chanter et danser de la population de 21H à l’aube et tous furent ensemble comblés. « Voilà où a commencé l’aventure du phénomène Alloukou », a indiqué celui qui est reconnu par tous, comme le précurseur de cette musique du terroir Bété, singulièrement, dans la grande région de Ouragahio.

Il a précisé qu’à ces débuts, cette musique était dénommée ‘Alloukou Tchatcha’, ensuite ‘Biho’, puis ‘Toumba’. C’est au terme de cette chaîne d’appellation, selon lui, qu’il a fini par adopter le substantif ‘Alloukou’, que débitait en dansant, son fidèle danseur, Babou Clément du village de Zébizékou, pendant les premières soirées du groupe.

L’artiste dit avoir pratiqué six années d’Alloukou au village, entre 1963 à 1969, au cours de toutes les vacances scolaires, puis 18 années, dans tous les quartiers d’Abidjan, villages et hameaux, jusqu’en 1990, soit plus d’un quart de siècle, pour le bonheur de la région du Gôh et partant, de toutes les autres régions du pays.

Daniel Gnaza, un autre artiste de sa génération, fut celui qui eu le « génie » de transporter l’Alloukou à Abidjan en 1970, et choisit de le pratiquer avec des instruments modernes, quant Albert Djédjé, est demeuré lui, dans « l’Alloukou original », en ouvrant sa première scène musicale à Adjamé quartier Saint Michel, le 12 novembre 1971, apprend-on.

« Le terme ‘Alloukou’ détermine l’authenticité de ce qui nous est propre », a défendu le fondateur de ce rythme, indiquant que cette musique se pratique aussi bien pendant les évènements heureux que malheureux. L’homme a rendu hommage aux rescapés de sa génération, dont Okou Oula Charles, Séri Moukouta, Grégbo Gbahio, Kraba Henri et Petit Henri.

Koussi-Koussa, a salué le travail de pérennisation de l’Alloukou, que mène la nouvelle génération, conduite par Dodo Lather, Douza Mounan, Zebéhi Rochereau, Bléhiri Béko, Gnézé Démo, Obou Lazare notamment. Et remercier le maire de Ouragahio, Pierre Dakouri-Tabley, de donner l’opportunité de vivre un festival Alloukou.

dd/akn/fmo/ AIP

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