Afrique

Des Kenyans appellent à une partition du pays

Des Kenyans exprime leur intention de déposer une pétition auprès de la Commission africaine des droits de l’homme

Photo : APA

APA – Nairobi (Kenya) – Des Kenyans ont fait part de leur intention de déposer une pétition auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, sur fond d’appel à la sécession et au respect de leur droit à l’autodétermination, en vue de créer leur propre état.

Un groupe soutenu par David Ndii, stratège clé de la  la National Super Alliance (NASA, opposition) veut déposer la pétition auprès de ladite Commission basée à Banjul en Gambie.

Les partisans de cet appel à la partition s’offusquent des ‘’années de marginalisation de communautés spécifiques et de truquage des votes, ainsi que le meurtre de partisans de l’opposition, dans le sillage des élections’’.

La pétition signée en ligne prend lentement de l’ampleur, et déclenche un débat national.

Mais elle est durement réprimée par les partisans de l’administration de la coalition Jubilee au pouvoir.

Les partisans de la sécession souhaitent que le Kenya soit divisé en République populaire du Kenya et en République centrale du Kenya.

Selon eux, il y a eu une discrimination flagrante contre d’autres communautés en ce qui concerne les droits fondamentaux de l’homme, surtout en ce qui concerne la répartition des ressources nationales.

Le Kenya a tenu ses élections le 8 août, au terme desquelles la Commission électorale indépendante (IEBC) a déclaré le président Uhuru Kenyatta vainqueur du scrutin avec 8,2 millions de voix, devant le candidat de la NASA et chef de l’opposition, Raila Odinga qui arrive second avec 6,7 millions de voix.

Dans sa pétition, le groupe a répertorié 28 communautés sur les 44 du pays qui sont disposées à former la République populaire du Kenya.

Le groupe estime que les communautés ciblées ont le droit incontestable et inaliénable à l’autodétermination, et elles peuvent déterminer leur statut politique et poursuivre leur développement économique et social, sur la base de la politique qu’elles ont choisie en toute liberté.

“Dans le sillage d’une élection truquée et de meurtres qui ont suivi, en réalité, un nettoyage ethnique a eu lieu dans le pays, il est temps que nous tracions notre propre voie en tant que peuple qui croit au changement », peut-on lire dans la pétition en ligne.

Les partisans de la sécession ont dénoncé le fait que depuis son indépendance, le Kenya ait été gouverné par deux communautés dominantes : les Kikuyus et les Kalenjins dont sont membres quatre présidents depuis 1963

Selon eux, les gouvernements successifs avaient perpétué une culture d’impunité par des élections frauduleuses qui dénient aux Kenyans des autres tribus, la capacité à s’autodéterminer et même de se développer économiquement.

« Je pense qu’il est tout à fait clair que si le changement ne vient pas des urnes, il viendra des balles un jour. Les gens n’acceptent pas l’assujettissement pour toujours. Même les esclaves se soulevaient des fois », a déclaré Ndii mardi soir lors d’une interview accordée à une station de télévision locale.

Le gouvernement n’a pas répondu officiellement aux pétitionnaires.

Cependant, le célèbre politologue Mutahi Ngunyi a vertement critiqué Ndii jeudi, affirmant que la NASA le tenait déjà responsable de sa débâcle électorale.

« Quand la folie d’une nation perturbe un esprit solitaire, c’est peu de l’appeler. La NASA reproche à David Ndii sa défaite. Est-il seulement perturbé ou fou? » s’est demandé sur son compte Twitter, Ngunyi qui penche politiquement vers l’administration de Jubilee.

Les pourparlers pour une sécession font suite à des appels similaires du Conseil de la République de Mombasa qui, au fil des ans a demandé la sécession de la bande côtière, suite à la « marginalisation » des communautés locales par les gouvernements successifs du Kenya.

Le groupe hors-la-loi a été mis sur pied en 1999 pour s’attaquer à la discrimination politique et économique observée contre les habitants de la province côtière ; il prétend que Mombasa et la zone côtière ne font pas partie du Kenya et devraient donc faire faire sécession.

JK/afm/fss/of/APA

Commentaires
Haut