Le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, a salué la mémoire de son homologue du Burkina Salifou Diallo, décédé samedi à Paris à 60 ans, et assuré s’être “parfaitement réconcilié’’ avec lui “malgré les péripéties parfois difficiles de (leurs) relations politiques ces dernières années’’.

“Malgré les péripéties parfois difficiles de nos relations politiques ces dernières années, Salif Diallo et moi nous étions parfaitement réconciliés avant cette décision du destin’’, a écrit M. Soro, sur sa page facebook, quelques heures après l’annonce du décès de M. Diallo.

“C’est notre mérite commun d’avoir su nous transcender pour le bien commun de nos deux peuples’’, a-t-il ajouté, avec en illustration une photo de lui et M. Diallo se donnant, tout sourire, une accolade.

Depuis Paris, d’où il a écrit le texte, le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a présenté le chef du parti au pouvoir au Burkina comme son “ami et frère’’ et souligné ses qualités de “valeureux militant et cadre politique africain’’.

Guillaume Soro était proche de Salif Diallo au moment où celui-ci était encore un pilier du pouvoir de l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré.

Entré en en dissidence contre M. Compaoré, Salif Diallo s’est également brouillé avec M. Soro qui entretient des liens d’amitié de longue date avec l’ancien chef de l’Etat.

Ces mésententes avaient été étalées sur la place publique au plus fort de l’affaire dite des écoutes téléphoniques dans laquelle un enregistrement sonore diffusé sur internet avait été présenté comme une conversation entre l’ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Djibrill Bassolé et M. Soro discutant de la possibilité de soutenir le putsch mené en septembre 2015 par le général Gilbert Diendéré.

Dans la bande, on entend la voix attribuée à M. Soro lancer des menaces de mort contre deux personnages majeurs de la transition politique alors en cours au Burkina : Salif Diallo (opposant  à cette époque) et Chérif Sy (président du parlement de transition).

“Il y a deux personnes chez vous là, que moi je ne laisserai jamais, Bassolé. En tous cas, quand on va finir tout ça là, ces deux personnes là, tu dois accepter que je règle. Il y a Salif Diallo et puis Chérif Sy… Ah non, non, non, ça je ne vais pas laisser, Bassolé, non, non, non…Ces gens peuvent pas vivre et vous allez être tranquille. Quelle que soit ta bonne volonté Bassolé, ceux-là que j’ai cités là, ils ne peuvent pas être vivants et le Burkina va être tranquille’’, avait déclaré cette personne présentée comme Guillaume Soro.

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