Afrique

Les croyances, une entrave à la lutte contre le paludisme (Étude scientifique)

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Des femmes enceintes (illustration)

Photo : AIP

Abidjan, 10 août – Une idée répandue chez les femmes enceintes selon laquelle elles ne courent pas le risque de contracter le paludisme les dissuade de se préoccuper de la prévention et du traitement, selon une étude menée en Afrique subsaharienne et révélée par le site d’informations scientifiques, SciDev.Net (Science and Development Network, en anglais).

Selon les chercheurs qui ont présenté cette étude présentée lors de la rencontre annuelle des bénéficiaires africains de la bourse d’excellence en leadership, en formation et en sciences (DELTAS), en  juillet au Ghana, il est nécessaire d’explorer les facteurs influant sur les décisions des femmes enceintes de se conformer aux interventions contre le paludisme dans la Région africaine, pour s’en convaincre.

Entre 2005 et 2016 dans les pays d’Afrique subsaharienne, y compris le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Malawi et l’Afrique du Sud, une soixantaine d’articles de revues publiés auprès de PubMed et d’autres sources et parcourus par les chercheurs qui ont évalué les facteurs qui motivent les femmes à respecter les interventions pour lutter contre le paludisme, montrent que celles-ci ont une mauvaise connaissance de l’infection par le paludisme comparativement aux femmes nanties et plus âgées qui sont, elles, plus enclines à accéder aux interventions contre le paludisme.

Les facteurs interpersonnels, communautaires, environnementaux et socioculturels influencent les femmes enceintes dans le choix de prendre des initiatives pour prévenir ou traiter le paludisme, font remarquer ces chercheurs dont la chercheuse postdoctorale à l’université de la Santé et des Sciences apparentées du Ghana, Matilda Aberese-Ako.

« Il y a une perception en Afrique subsaharienne que le paludisme n’est pas dangereux, alors qu’il est l’une des maladies les plus meurtrières qui soient et influence la décision de prévenir et de traiter », déclare-t-elle à SciDev.Net.

Elle évoque d’autres facteurs tels que les forces surnaturelles qui « pourraient être à l’origine de la maladie chez la femme enceinte et les gens relient la maladie aux forces spirituelles, ce qui les conduit à voir un tradi-praticien », ajoute-t-elle.

Le co-auteur et professeur associé de parasitologie à l’université de Copenhague au Danemark,  Pascal Magnussen, explique, pour sa part, que les pratiques, les perceptions et les attitudes sont des déterminants importants de la façon dont les gens acceptent et participent aux interventions de santé publique, y compris les vaccinations et la prise de médicaments.

« Souvent, les programmes sont lancés comme une politique sans informer correctement le public », souligne M. Magnussen qui recommande plus de matériel de communication, d’information et d’éducation pour modifier positivement les croyances et les attitudes des personnes en ce qui concerne le paludisme.

Le professeur de santé publique à l’université de Witwatersrand en Afrique du Sud, Sharon Fonn, recommande aussi d’investir dans une meilleure lutte contre le paludisme, y compris l’utilisation de moustiquaires. « Les gens qui utilisent des moustiquaires ont certainement besoin d’être encouragés », souligne-t-elle.

Amak/kp/AIP

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